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Santé

Comment savoir si votre chat a mal

Les chats sont passés maîtres dans l'art de cacher leur inconfort. Apprenez à repérer les signes discrets dans leur comportement, leur posture et l'expression de leur visage, et sachez quoi faire quand quelque chose cloche.

Un chat blanc et gris lové dans un panier rond en osier, qui jette un œil dehors la tête penchée
Photo : WordPress Photo Directory (CC0)

Cet article donne des informations générales et ne remplace pas l’avis d’un vétérinaire. Si votre animal semble malade ou si vous êtes inquiet, appelez votre vétérinaire.

Dans la nature, un chat qui paraît affaibli devient une proie : les chats ont donc appris, au fil de l’évolution, à garder leur douleur pour eux. Cet instinct est toujours bien présent chez le chat qui dort sur votre canapé. Quand un chat boite ou se plaint de façon évidente, il souffre peut-être déjà depuis un moment.

L’astuce consiste à remarquer les petits écarts par rapport à ses habitudes. Vous les connaissez mieux que personne, et c’est précisément ce dont votre vétérinaire a besoin.

Étape 1 : observez ses habitudes au quotidien

La douleur se manifeste le plus souvent d’abord par un changement de routine. Surveillez ces quatre points :

  • Manger et boire. Il mange plus lentement, laisse tomber de la nourriture, mâche d’un seul côté, préfère la pâtée aux croquettes, ou boit nettement plus ou moins.
  • Activité. Il joue moins, se cache davantage, dort dans des endroits nouveaux ou inhabituels, ou délaisse ses perchoirs en hauteur préférés.
  • Litière. Il force, miaule, fait à côté du bac, rate le bord, ou la taille ou le nombre de boules d’urine change.
  • Toilette. Il se lèche excessivement à un endroit (au point parfois de laisser des zones dégarnies sur le ventre ou les pattes), ou au contraire néglige sa toilette, ce qui laisse un pelage gras, emmêlé ou hirsute, surtout le long du dos.

Tout changement soudain dans l’un de ces domaines mérite qu’on y regarde de plus près.

Étape 2 : décryptez sa posture et ses mouvements

  • Recroquevillé. Assis en « pain » bien serré, pattes repliées, dos voûté et tête basse, souvent face à un mur.
  • Raideur. Une démarche prudente et raide, une queue basse, ou une hésitation avant de sauter ou de descendre.
  • Agitation. Il se lève et se recouche sans arrêt, sans parvenir à s’installer.
  • Protection. Il se crispe, sursaute, grogne ou s’éloigne quand vous touchez une zone précise, comme le dos, les hanches ou le ventre.

Étape 3 : regardez son visage

Des chercheurs ont mis au point la Feline Grimace Scale (échelle des grimaces félines) pour aider les vétérinaires à évaluer la douleur d’après l’expression du chat. Vous pouvez vous appuyer sur les mêmes cinq éléments à la maison :

Élément Détendu Douleur possible
Oreilles Dressées, tournées vers l’avant Écartées et tournées vers l’extérieur
Yeux Ouverts Plissés ou mi-clos
Museau Détendu et arrondi Tendu, aplati ou plus ovale
Moustaches Souples et incurvées Droites et tirées vers l’avant, ou raides
Tête Portée au-dessus des épaules Au niveau des épaules ou plus bas, menton rentré

Plus vous observez de signes à la fois, et plus ils durent, plus il est probable que votre chat soit mal à l’aise. Un chat simplement somnolent peut plisser les yeux : observez-le donc quand il est bien éveillé et que personne ne le manipule. Prenez quelques photos à montrer à votre vétérinaire.

Étape 4 : écoutez-le

Certains chats deviennent inhabituellement bavards : ils grognent, crachent ou poussent des miaulements plaintifs, surtout la nuit ou lorsqu’ils sautent, vont à la litière ou qu’on les porte. D’autres se taisent. Un chat habituellement bavard qui devient silencieux, c’est aussi un changement à noter.

Étape 5 : tenez un petit carnet de douleur

Pendant deux ou trois jours, notez matin et soir : appétit, ce qu’il produit dans la litière, sauts, toilette, humeur et tout ce qui semble déclencher un inconfort. Les vidéos de votre chat en train de marcher, de sauter ou de se lever sont particulièrement utiles, car beaucoup de chats se comportent normalement à la clinique.

Les causes fréquentes de douleur chez le chat

Problèmes dentaires

Très fréquents, et faciles à manquer parce que le chat continue de manger. Indices : mauvaise haleine, salivation, nourriture qui tombe de la gueule, mastication d’un seul côté et coups de patte vers la bouche.

Arthrose

Extrêmement fréquente chez les chats âgés et largement sous-diagnostiquée. Indices : il ne saute plus sur les meubles, utilise des marches au lieu de bondir, a le poil emmêlé en bas du dos, rate le bord de la litière et paraît raide après le repos.

Troubles urinaires

Efforts pour uriner, allers-retours fréquents, petites boules dans la litière et miaulements dans le bac. Chez le mâle, forcer en n’émettant que peu ou pas d’urine peut signaler une obstruction : c’est une urgence.

Blessures

Boiterie après un saut ou une chute, sursaut quand on le touche, gonflement, ou il se cache plus que d’habitude.

Après une opération

Agitation, léchage de la cicatrice, manque d’appétit ou réticence à bouger. Suivez les consignes de sortie et appelez la clinique si la douleur semble mal contrôlée.

Soulagez votre chat en attendant le rendez-vous chez le vétérinaire

  • Mettez tout à sa portée. Ajoutez une marche ou un tabouret devant ses perchoirs préférés et le lit, et proposez-lui un bac à litière à bords bas.
  • Proposez de la pâtée, légèrement tiédie, si mâcher semble le gêner.
  • Aménagez-lui un refuge calme, au chaud, à l’abri des courants d’air, loin des autres animaux et des allées et venues de la maison.
  • Manipulez-le avec douceur et ne forcez pas l’examen. Sa résistance est déjà une information en soi.
  • Ne lui donnez jamais de médicaments pour humains. Le paracétamol est extrêmement toxique pour les chats, et l’ibuprofène comme l’aspirine peuvent aussi être dangereux. N’utilisez que les antidouleurs prescrits par votre vétérinaire.

La douleur du chat se soigne très bien. Les vétérinaires disposent d’antidouleurs adaptés aux chats et peuvent les associer à des soins dentaires, à une gestion du poids, à une alimentation qui ménage les articulations et à des aménagements de la maison.

Quand appeler le vétérinaire

Prenez rendez-vous pour tout changement durable dans l’alimentation, l’activité, la toilette ou les habitudes de litière, ou si votre chat semble avoir mal quand on le touche.

Consultez en urgence sans attendre si votre chat :

  • A du mal à respirer, respire la gueule ouverte, ou a les gencives pâles ou bleutées
  • Ne peut soudain plus se servir de ses pattes arrière ou crie de douleur, ce qui peut être le signe d’un caillot sanguin
  • Force dans sa litière et n’émet que peu ou pas d’urine
  • Vomit à répétition, s’effondre, ou a fait une chute ou subi un autre traumatisme
  • Arrête de manger et de boire

Questions fréquentes

  • Non. Les chats ronronnent souvent quand ils sont contents, mais certains ronronnent aussi quand ils sont stressés, malades ou qu'ils ont mal. Observez l'ensemble : posture, visage, appétit et activité.

  • Jamais. Le paracétamol peut être mortel pour un chat, même en petite quantité, et l'ibuprofène comme l'aspirine peuvent gravement abîmer les reins et l'estomac. Ne donnez que les antidouleurs prescrits pour votre chat par votre vétérinaire.

  • C'est fréquent, mais ce n'est pas qu'une question d'âge. La réticence à sauter est l'un des signes les plus typiques de l'arthrose chez le chat, une affection très courante chez les seniors et qui se soigne.

  • C'est une grille d'évaluation mise au point par des chercheurs vétérinaires, qui note cinq éléments du visage du chat (oreilles, yeux, museau, moustaches et position de la tête) pour évaluer la douleur. Les propriétaires peuvent s'en servir comme repère pour partager leurs observations avec leur vétérinaire.